vendredi 8 juin 2018

Test: Owlboy ~ Nintendo Switch

Pour cette fin de semaine, on vous propose un petit test du jeu Owlboy, porté sur Nintendo Switch au début de cette année, et sorti fin mai en boîte. Certains d'entre vous avaient sans doute déjà pu s'essayer à l'oeuvre de studio D-Pd, puisqu'elle était originellement sortie sur PC en novembre 2016. Que dire de la version Switch, deux ans plus tard? 


Le scénario démarre paisiblement dans la petite ville de Vellie où vous ferez la connaissance d'Otus, votre chouette muette (mais également un chouette muet!... oh misère...). En ce début d'aventure, Otus est l'élève malhabile de maître Asio, qui se désespère d'être le professeur d'un tel empoté. Alors que la vie semble se dérouler de manière tout à fait tranquille, une soudaine attaque pirate va vous entraîner dans la tourmente. Accompagné du soldat Geddy, Otus est chargé de mener l'enquête sur cette attaque...

Une apparence paisible... 


Un jeu qui se savoure


On est tout de suite immergé dans le monde coloré de Owlboy, aux grands espaces aériens parsemés de plateformes terrestres. La finesse avec laquelle ce monde de pixels a été réalisé ne cessera de vous surprendre tout au long du jeu: le défilement des jours et de nuits jouant sur la lumière et la transparence de l'air, la vivacité des couleurs se déployant en un spectre toujours harmonieux, les myriades de petits détails intégré à l'environnement, avec ses sprites animés... Il arrive bien souvent de rester quelques instant à contempler un paysage pour ne rien manquer de ce travail qui flatte l'oeil.



La musique n'est pas en reste, et sait toujours s'adapter à l'instant sans être envahissante: dans les phases d'exploration, elle est douce, discrète et mélodieuse, avant de devenir plus intense lorsque l'action se corse. Elle est à elle seule une invitation à passer plus de temps à explorer chaque recoin de ce monde aérien, au rythme de ses notes paisibles. 



En plus de ces éléments qui contribuent déjà pleinement à faire s'immerger le joueur dans l'aventure, il reste une partie non négligeable du décorum qui y participe: la galerie de personnage. Variée, surprenante à tout moment, elle est aussi hilarante. Les dialogues sont très drôles sans être stupides, et on salue la très bonne traduction française qui a été faite pour le jeu. Là encore, le travail sur les sprites des personnages contribue grandement à l'humour du jeu: tous ont un très large panel d'expressions complètement farfelues, et on se demande comment les développeurs ont peu mettre autant de vie dans de si petits personnages. Et là où l'on reconnaît le talent, c'est que cette aventure si drôle réservera des passages très attendrissants qui vous feront passer du rire aux larmes... avant de rembrayer sur le rire, sans complexe! 



Si The Legend of Zelda était un shoot


Parlons du gameplay à présent. On ne vous cache pas qu'Owlboy est un jeu assez simple d'accès qui vous proposera une histoire amusante et pleine de rebondissements, mais assez peu de challenge. 

Attention, il ne faut pas comprendre que les phases de jeu sont monorail et barbantes. Bien au contraire! Otus transportera des personnage ayant chacun une capacité différente, et si le jeu est basiquement conçu comme un shoot, on alterne avec des phases d'action et de plateforme qui évitent toute forme d'ennui.




Les seuls détails à légèrement compromettre l'aventure sont un côté un peu brouillon durant les phases de tir, et la hitbox du personnage qui n'est pas très bien définie. Lorsque l'action est intense, on a tendance à s'embrouiller les pinceaux avec les touches, dont la position sur Switch n'est pas forcément optimale. Certains pourront déplorer qu'il n'y ait pas à proprement parler de Game Over non plus. Quand vous mourrez, vous recommencez un peu en amont, sans vraiment craindre que tout soit perdu. 

Mais encore une fois, Owlboy est un jeu simple qui laisse la part belle à son histoire et à son ambiance, avec un gameplay somme toute agréable et accessible... S'adresse-t-il vraiment à des joueurs qui recherchent le challenge et le frisson du Game Over? Notre réponse est clairement: non. Ce titre en revanche a le mérite de distiller avec art une jolie histoire rythmé, drôle et insolite, comme le serait un conte. Ce n'est pas un jeu auquel on se frotte par dextérité, mais bien pour rêver et apprécier l'instant. 

Conclusion


Si la relative facilité d'Owlboy vous semble dommageable, il serait plutôt dommage pour le coup de se priver d'un titre qui a tant à proposer à côté. Le gameplay reste varié et entraînant malgré son côté légèrement confus, et il est très amusant d'interagir avec les différents personnages que vous transporterez. Le monde bénéficie d'une réalisation tout simplement splendide qui dénote un vrai savoir faire en matière de pixel-art. Et ce n'est pas souvent que des personnages de jeux vidéo proposent une telle personnalité, surtout de la part d'un jeu "de niche". Bref, Owlboy vous promet un très bon moment d'une dizaine d'heures qui valent le détour!

Note finale: 8/10, avec beaucoup d'amour.